Toute personne débutant la pratique de l’aïkido est motivée par une raison particulière ou même un ensemble d’objectifs. Parmi les plus courants il y a le désir d’apprendre l’autodéfense, celui d’améliorer sa forme physique, voire la recherche de chaleur humaine.

Avec le temps, ces objectifs initiaux prennent une signification différente, tandis que l’on commence à ressentir les changements que l’aïkido opère sur sa propre vie.

Comme l’aïkido – et les arts martiaux en général - sont des disciplines qui enseignent des techniques permettant de blesser ou de tuer un adversaire, leur pratique nécessite un certain sérieux et une attention au moindre détail en raison des risques inhérents. S’entraîner avec cet état d’esprit appliqué nous amène progressivement à cultiver ce que l’on pourrait décrire comme un “esprit martial”.

Nous utilisons ici le terme “martial” dans le même sens que le mot “bu” en japonais tel que le Fondateur l’interprétait dans le mot budo, dont la traduction commune est “art martial”. “Bu” englobe deux concepts-clés. En premier lieu, il décrit un système oriental de techniques de combat aux origines antiques visant principalement à enseigner l’autodéfense. Mais le mot “bu” comporte aussi la notion d’une activité ou d’une quête menant le pratiquant le long d’une voie de progrès spirituel. Ces deux idées sont contenues dans l’aïkido tel qu’il a été conçu par son Fondateur Morihei Ueshiba.

 

S’entraîner selon un objectif martial

Le bu, l’élément martial, est une partie si essentielle de la pratique de l’aïkido que l’enlever réduirait l’art à un simple système d’exercices ou une discipline de santé. Il naît d’une prise de conscience des dangers inhérents à l’entraînement introduisant ainsi une sorte de tension psychologique pendant la pratique, ce qui produit avec le temps une sensibilité exacerbée.